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Fait de ta vie un rêve, et d'un rêve une réalité.

Antoine de Saint-Exupéry


Le prix à payer


Au travers de mes stages et mes expos, je rencontre beaucoup de créateurs en herbe qui rêvent de faire de leur passion un métier. En même temps je me trouve aussi souvent confrontée au public, peu conscient de la réalité d'un indépendant, et dois lui expliquer le prix de mes œuvres qui, au premier abord, peuvent sembler chers.
A tout ce beau monde, j’aimerais dédier cet article : le prix à payer pour une création fait-main en France en 2013. J'espère que mes réflexions aideront ceux qui se lancent dans la folle aventure de « l’indépendance » à mieux affronter la réalité et les autres à évaluer différemment ce qui se « cache » derrière le prix d’une création.




Comme beaucoup de jeunes créateurs, je me suis lancée il y a plus de 8 ans, un peu fleur bleue. Les premiers prix, je les ai calculés en suivant un raisonnement simpliste : je veux gagner 15 euros l’heure donc
prix de création = heure de travail x 15 euros + matière première

Très vite, j’ai quand même pris conscience des charges sociales – entre 14% (auto-entrepreneur commercial) à 40% (entreprise individuel). A cela s’ajoutent pour les plus chanceux (car cela veut dire qu’ils ont quand même gagné un peu d’argent) des impôts et – quand le chiffre d’affaire dépasse les 32000 – la TVA (19,6%).
Donc pour ma part, j’ai ajouté assez les charges sociales à mon calcul (du reste je suis (malheureusement) pour l’instant dispensée). Il m’a fallu beaucoup plus de temps pour me rendre compte des frais « cachés » pour pouvoir vendre. Il y a bien sûr la matière première qu'il faut acheter et puis si on veut pas encombrer tout sa maison vaut mieux louer un atelier. Mais ce n'est pas de ça que je veux parler ici car c'est encore assez évident. ici je veux parler des frais qui sont engagés pour pourvoir vendre . Ces frais sont énormes et devront définitivement rentrer dans le calcul du prix de vente ! Voici un récapitulatif non exhaustif des ces frais selon les différents modes de diffusion :

Les frais de vente 

Boutiques :
Quand on commence à démarcher les boutiques pour y vendre sa production, on s’étonne souvent des marges qu’elles appliquent, dépassant la plupart du temps (largement) le 50%. En effet, en France, un commerçant multiplie en général par 2,5 à 3 le prix de sa marchandise. Ce qui peut paraître énorme est cependant nécessaire si les boutiques veulent perdurer. Car les frais pour une boutique sont très importants : loyer, salaire, charges (sociales, entretien, électricité, eau…). De plus, il faut avoir une trésorerie pour pourvoir acheter ce qu’on veut vendre. Moi-même, fille de commerçants, je sais de quoi je parle…

Dépôt :
Le dépôt vente peut paraître plus alléchant car ici le commerçant demande souvent une marge moins importante – autour de 30%.
Au début de ma carrière, j’ai fait pas mal de dépôts vente. Je n’ai jamais vendu grand-chose. Par contre, les créations sont souvent revenues dans un piètre état… Au final, j’ai compris que le dépôt est souvent fait pour mettre en avant une certaine originalité. Mais derrière, les boutiques cherchent à vendre ce qu’elles ont acheté (moins cher qu’une création « made in France ») en y appliquant la marge qui leur est nécessaire. Ce n’est pas pour arnaquer les créateurs ! Je suis persuadée que la plupart des boutiques font du dépôt parce qu’elles ont envie de travailler avec les petits créateurs. Mais au bout du compte, elles ne peuvent pas vivre avec la petite marge qu’elles leur prennent !

Vente dans des expos / salons :

Beaucoup de créateurs préfèrent vendre par eux-mêmes en pensant que cela leur permettra de vendre leurs produits moins chers et donc plus facilement. Parfois aussi – comme c’est mon cas – parce qu’ils ne trouvent pas de boutiques intéressées à acheter leurs produits au prix qu’ils réclament (et dont ils ont besoin pour pourvoir vivre et créer en France).
J’ai commencé comme tant d’autres à faire les petits marchés du coin, les marchés de Noël, les expos organisées par des communes…. La place ne coûte pas très cher – entre 20 à 70 euros mais on se rend vite compte qu’on y vend aussi très peu. Pourtant, on est immobilisés pendant plusieurs jours et souvent dans des conditions épouvantables (dehors même par mauvais temps, sans sanitaires…).

Personnellement, je me suis rapidement tournée vers les salons de créateurs. Là au moins on est « au chaud ». Le produit peut être mis en valeur. On y rencontre un public plus averti, qui aime les belles choses et qui est plus conscient que la création « made in France » a forcément son prix. Un salon créateur (je ne parle pas d’un salon « pro » !!!) coûte en moyenne 1000 euros pour 3 jours d’expo…  A cela s’ajoutent les frais de déplacement, de logement, les frais du mobilier d’expo  (qui s’abîme très vite à force d’être monté et démonté) et les frais de communication (cartes de visite, flyers….). 
Pour un salon créateur, j’arrive à une moyenne de 30% de frais. Donc quand je fais un CA de 3000 euros, j’ai dépensé au moins 1000 euros en amont (sans compter les frais de production, bien entendu). En outre, il y a aussi des salons où l'on ne « rentre même pas dans ses frais ». Ces deux dernières années surtout, j’ai multiplié les salons où je n’ai rien vendu !!! Pourtant, on passe quand même de longues journées sur le stand (souvent plus de 10 heures non-stop + 2 à 3 heures de montage et démontage). A cela s'ajoute la fatigue et on perd des sommes d’argent importantes pour nous.
En conclusion, je serais contente si une boutique m’achetait mes créations et s’occupait de les vendre. La marge de 50% me semble tout à fait justifiée quand je regarde mes dépenses, le temps passé sur les salons et ma fatigue physique !!!! Reste bien sûr le plaisir de rencontrer le public mais l’un n’empêchera pas l’autre…

La vente en ligne :
Il peut paraître beaucoup plus intéressant de vendre sur le net. On y trouve des plate-formes qui prennent une commission uniquement sur les œuvres vendues et c’est à nous, créateurs, de mettre « en lumière » nos œuvres. Cependant, gérer une boutique en ligne demande un investissement en temps considérable (pour ma part je passe en moyenne 20 heures / semaine). A cela s’ajoutent des connaissances spécifiques qu’il faut avoir ou acquérir : faire de bonnes photos, écrire des textes descriptifs et alléchants et si on veut vendre dans le monde entier il faut maîtriser l’anglais…
Les photos, c’est l’essentiel et pour moi c’est un long apprentissage qui n’est toujours pas terminé. Je reviendrai là-dessus dans un autre article. Ici, j’aimerais seulement insister sur le fait que la vente en ligne est certainement une super opportunité mais que c’est pratiquement un travail à plein temps. Si on veut être vu il faut régulièrement mettre des nouveautés dans sa boutique et en faire le buzz sur les sites sociaux… Si on compte ses heures la vente en ligne a très peu d’intérêt! ( Mais au moins on es chez soi).

Tout cela pour dire que le prix d’une création doit se calculer non pas uniquement avec les heures passées sur la créa + la matière première, mais qu'il faut prendre en compte tout le temps de travail et tous les frais. En gros pour 1 heure de création je passe au moins 2 heures à faire le « business » autour (commander la marchandise, faire la comptabilité, remplir des dossiers pour les expos, répondre aux mails, faire et retoucher des photos, vendre (en ligne ou en direct), faire des paquets et envoyer la marchandise, faire de la pub, écrire des articles, monter des sites ou/et blogs, ...)

Donc 1 heure de créa c’est au minimum = 3 heures de travail

Pour calculer un prix de vente il faudra donc appliquer une formule plus complexe :

prix de la création = (tarif horaire x 3) + matière première + charges sociales + frais de vente + TVA + impôts

Sur le net on trouve souvent une formule un peu plus simple :

prix de création = ((tarif horaire x 3)+ matière première) x 2 pour la vente directe
et prix de création = ((tarif horaire x 3)+ matière première) pour la vente en gros aux boutiques

Le tarif horaire minimum en France – le Smic horaire net – est en 2013 ~ 7,40 €

Pour être honnête, le prix qui résulte de ce calcul "correct" me semble souvent tellement exorbitant que je le réajuste vers le bas. Un gilet d’art par exemple, me prend entre 8 et 20 heures de création. A cela s’ajoute la matière première qui me coûte en moyenne 40 euros. Avec le calcul ajusté (en m’accordant le SMIC) j’arriverais à un prix variant entre 435 et 968 euros pour mes gilets d’art !

((22,2 x 8)+40 ) x 2 = 435,2
((22,2 x 20)+40 ) x 2 = 968

Si vous regardez mes prix dans ma boutique en ligne, j’applique des prix entre 240 et 600 euros !!! Donc au mieux j’arrive à un salaire horaire net de 4,33 € (si jamais j’arrivais à vendre tout ce que je  produis…).

((600/2 – 40) /20))/3 =4,33

Pourtant j’ai un bac +6, une expérience professionnelle en tant que graphiste textile de 7 ans, je parle 3 langues et suis multitâche (designer, photographe, secrétaire, mannequin, graphiste, webmaster….)

Sans vouloir me plaindre – car je suis trop accro à la création – ne dites pas que les créateurs en France sont ( trop) chers !!!  Créer en France aujourd’hui, c’est forcément un luxe ! Une création originale et unique de qualité, fait-main, dont la production respecte souvent l'environnement, est une marchandise rare et prestigieuse. Les créateurs réinventent tous les jours et cherchent à vous rendre la vie plus belle. Respectez-les et ne comparez pas leurs prix à ceux des produits faits dans des pays lointains avec un autre niveau de vie.
Pour ceux qui se lancent, sachez que vous allez travailler 60 heures et plus / semaine en gagnant même pas le Smic ! Et vous faites ce que vous aimez tant uniquement pendant 1/3 de votre temps !!! (Autant faire un travail de 35 heures et 20 heures de loisir créatif pour se faire plaisir). Mais en même temps c'est une vie épanouissante que perso je ne changerai pour rien au monde. Donc si vous êtes aussi accro que moi et conscients que vous allez avoir du mal à faire les « fins de mois » – tant pis – allez-y, lancez-vous !!!

Update 28/10/2016 La suite des mes réflexions 3,5 ans plus tard c'est par ici : 
http://arianemariane.blogspot.fr/2016/10/homme-daffaire-ou-pecheur.html

P.S. : le temps que j’ai passé sur cet article ne rentre bien sûr pas dans mon calcul de prix horaire – là je suis dans mon temps libre!
P.S. 2 : La photo en haut est un portrait de Daniel Vintrigner –  merci Daniel !!!
P.S.3: Vu le sucées de cet article Emma de DouceLaine a eu la gentillesse de me corriger mon français (je suis allemande vivant en France). C'est ça aussi la vie de créateur - il y a un véritable soutient et de l'entraide. Un énorme MERCI, Emma!!! Son travail et en vente ici: https://www.etsy.com/shop/DoucesLaines?ref=seller_info_count




English version 
I meet many students and crafters at workshops and exhibitions who dream about turning their passion into a business. I also often come across many people, at fairs and on the internet, who are astonished at the prices that I ask for my one-of-a-kind fiber art pieces, handmade in France.
Perhaps used to prices of imported Chinese products, these people are not aware of the “hidden” costs that go into a piece and therefore think that crafters and artists charge too much for their work. I would like to dedicate this post to all of you who wonder about how prices are determined, showing some of the important costs that go into a handmade creation in France in 2013. I hope that my thoughts will help both those who want to embark on this crazy adventure, becoming independent with their art work and those potential buyers who might not see the big picture of what we face.
Like many artists, I started my art business with some naivety eight years ago. I had a simple formula that I used to calculate my prices: “I want to earn 15 euros an hour so I just have to multiply my time and add the material costs.”

Like this:
price = creation time x 15 euros + material


Soon I realized that I also had to take into account the French social security taxes. In Europe you have to pay these taxes as soon as you earn a penny. They go for health insurance, unemployment (you will never get it if you are self-employed but still have to pay it) and retirement (not sure our generation will still have it). These vary between 14% to 40% of the sales, depending in which income structure you fit into (or which you decide to take). If you are “lucky” enough to sell over 19 000 €/ year, then you also have to pay income taxes (12,5 to 54 %) and if your turnover exceeds 32000 euros you have to add VAT (Value Added Tax, 19.6% goes to the State of all products sold, much like Sales Tax in the US) on your prices.
I quickly added the social security taxes to my formula. As I earn very little, I am currently exempt from income taxes and VAT.
It took me much longer to recognize that there are other "hidden" costs that I also have to include. You may think that I’m talking about supplies and rent for a workshop or the time invested to make the art work. Indeed these are important costs, too, but I was most surprised to see what it costs to sell a work of art! This is what I mean by “hidden” costs. Many of us don’t think about them at first.
Therefore, I made this non-exhaustive summary of different modes of distribution and their costs in France:

Selling Costs in France

Wholesaling to shops:
When crafters first try to wholesale their work to shops they are often surprised about the margins merchants apply. Most of the time this margin exceeds (easily) 50%: in France generally a retailer multiplies by 2.5 to 3 the price of his merchandises. This may seem huge but it’s necessary for them in order to cover their enormous charges: rent, wages, maintenance, cost of electricity, water, taxes, VAT ...). In addition to these charges they have to invest money to buy the merchandises upfront. My parents owned a shop, so I understand their challenges.


Consignment:
Selling on consignment seems more attractive because many shops get by on a smaller margin - about 30% in France. Early on in my career I did a lot of consignment. I never sold much and would often have a bad surprise when getting my items back: in bad condition... I finally understood that s shops which accept consignment often do it as a parallel to a retailing activity. The consignment pieces help attract customers by showcasing original and outstanding work. But the merchant ends up having more of a vested interest in selling the products that were purchased. Often, these pieces were not handmade in France and are therefore much cheaper and offer a higher profit margin. I’m sure that this behavior is more or less unconscious. Shop owners who do consignment love handmade work and their local creators. They would love to support them but it’s impossible with the small margin!


Fairs/art markets:
Finally, many designers prefer to sell the work themselves, thinking that they can charge less when selling direct and therefore the sale should be easier. Or, they simply might not be able to find shops willing to invest in their products because they are high priced items. Such is the case with me.

Like many others, I started selling at small venues such as Christmas markets or low-cost of entry exhibitions organized by municipalities: in between 20 to 70 euro. Unfortunately, the chances to sell at these shows is quite slim, especially if you have high-end work. These shows also immobilize you for several days, often under hard conditions (outside even in bad weather, without toilettes ...).
I quickly switched over to “real” fairs which had a targeted public (people who loved handmade work and understood the prices for quality products made locally). These retail shows have a professional set-up, take place indoors, and I can display my work as I wish. These shows cost about ~1000 euros for 3 days, a significant expense. In addition, there are travel expenses, accommodation, prop costs, and marketing (business cards, fliers, etc.).
These costs end up eating about 30% of my sales. For example, if I sell € 3,000, then I spent at least € 1000 of that in fees, marketing, etc. This does not, of course, include those original costs in my formula: materials and production time! Increasingly, there have also been more shows where I don’t sell anything. This is so hard because we spend 10 to 12 hours at the booth, plus another two or three for set-up and tear down. It is exhausting physically and disappointing because the money was wasted on show fees and you invested so much time for nothing.
Of these three choices (wholesaling, doing consignment or doing shows), I would prefer wholesaling my work to upscale boutiques. A 50% margin is quite justified when I consider my financial expense, the time spent at trade shows and my physical fatigue!! The only thing I would miss is the pleasure of meeting my gorgeous customers …


Selling Online:
It may seem a lot more interesting to sell on the internet. There are many platforms where you may sell your work and often they just take a small commission. But, managing an online store requires an enormous time investment (I spend over 20 hours/week on my online shop). In addition, there are some skills that you should have or need to acquire: taking good pictures, writing descriptive and tempting texts, and if you want to sell globally, you need to be fluent in English ... Selling online is a great opportunity but it is nearly a full time job. If you want to sell well, you need to list new items regularly and you need to create a buzz on social media sites, newsletters, and blogs ... If I counted my hours I work to do online sales I wouldn’t do it!!! But, it’s still the coziest way to sell!


Conclusion:
The reflections above are made to point out the “hidden” costs in a product which absolutely should be added to a price’s formula! I now understand that for every one hour of creation, at least two hours need to be added for all of the “stuff around” (ordering materials, accounting, filling out submissions for fairs and exhibitions, responding to emails, making and editing photos, selling (online or directly), packing orders and shipping them, advertising, writing articles, social networking, building websites and/or blogs, etc ...)

So 1 hour of creation translates to at least 3 hours of work. To calculate a selling price the formula should be like this:
The cost of creating = (hourly rate x 3) + material + social charges + selling costs + VAT + Taxes
On the net you’ll find a less complex formula but much easier to use :
Creation price = ((hourly wage rate x 3) + material) x2
In France we have a “minimum wage”. All people working in France should earn at least (for 2013) - € 7.40 / h all charges ( taxes) paid.
If I calculated my formula using this wage, my prices would be much higher. For example, my art vests take me between 8 and 20 hours to create. My material costs vary but let’s take an average of ~ 40 euros. According me the minimum wage, my art vest would be in between 435 and 968 euros!  ($565-$1,258 US Dollars)
((22.2 x 8) 40) x 2 = 435.2
((22.2 x 20) 40) x 2 = 968

These prices seemed so exorbitant to me that I made an adjustment. As you will notice on my online shop, my art vests are in between 240 € and 600€! Calculating my hourly wage on these prices I should finally earn 4.33 € an hour - but that’s correct only if I sell everything I make, which of course, isn’t so.
((600/2 - 40) / 20)) / 3 = 4.33
Final price of artwork = 600€, as in my formula, I multiplied by two to take into consideration all of the “hidden” costs I devised, so 600€ divided by 2. I subtract my average material costs of 40€. The result is divided by the hours it took to make the piece (20). Actual hours worked are the total divided by three.
Less than 4,33 € per hour!!! - I studied architecture for 6 years, worked for 7 years as a textile designer, speak three languages and am multitasking (designer, photographer, secretary, model, seller ....) Without wishing to complain - because I love what I do and would never change – I hope that one day everybody will be conscious that handmade and local creators aren’t overcharging for their work!

Creating in France today is a luxury for those who create and for those who buy! An original, unique creation of high quality, made by hand and most of the time respecting our environment is a rare and prestigious good. Self-employed crafters, artists and designers invent every day and try to make life more beautiful. Respect them and don’t compare their prices to the mass produced products made in distant countries with different costs of living.

For those who want to become a self-employed crafter, designer or artist: know that you'll be working 60 hours or more/week while seldom earning enough for making a living! You’ll do what you love so much for only 1/3 of your time (working a 40-hour job and spending 20 hours in your free time creating would be more profitable )!


But if you're as addicted as me I can only say: do it!

PS. Time spent on this post doesn’t figure in my time calculation of course – I did it in my free time!
PS 2. The picture of me at the top is a portrait made by Daniel Vintrigner - thank you Daniel!
PS 3. A huge thank you to Emma from
“Douces Laine” for helping me with the French version (I am German, living in France) and an enormous hug to Rachel Biel from Rayela Art for spending time on correcting my English version.


Another reason why I love my job is the beautiful people I meet always there to help each other! You rock my world - thank you!

Rachel Biel is the founder of a wonderful Textil Artistes Association. Be sure to check out the TAFA Websie here








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Ariane Mariane / Paris

ENGLISH:
Ariane Mariane - art textile / Paris, combines graphical design and fiber art to make her easily recognizable, outstanding pieces.
Formed in architecture and graphical textil design she creates wall-hangings, sculptures, home decor, wearable art and accessories mostly by wet felting and stitching techniques. Her style is fancy and playful. She uses powerful colors and joyful designs in a narrative way with a lot of humor.

Francais:

Ariane
Mariane - art textile / Paris, associe dans son travail éclectique, un style graphique très personnel à un grand savoir-faire du feutrage et une passion pour le piquée libre. Formée en architecture et en design graphique textile à Paris, l’artiste, d'origine allemande, crée des tentures murales, sculptures, décoration, installations mais aussi de l’art vestimentaire et des accessoires

A travers son univers joyeux, Ariane Mariane nous invite à nous reconnecter avec l'enfance, ce monde magique où tout est possible. Elle cherche avant tout à nous étonner et à nous faire sourire. Chaque création nous propose de laisser libre cours à notre imagination et de l'adapter à nos envies.

Loin de la fabrication industrielle de masse et de son uniformité, les créations d'Ariane Mariane sont entièrement réalisées à la main, en respectant au maximum l'environnement. Durables et intemporelles, elles s'opposent à un monde où tout va vite et nous invitent à faire une pause...